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BIOGRAPHIES (suite)
CHEIKHA TETMA Fatema dite Tetma, est venue egayer le foyer de la famille Tabet un jour de l'annee 1891 . Ayant grandi, comme la plupart des artistes, dans un milieu des plus pauvres et des plus demunis, elle se resignait dans son enfance a vivre comme tout les enfants de son age le faisaient, jouer et passer le temps . A partir de 10 ans elle etait retenue a la maison, il fallait bien qu'elle apprenne a s'acquitter, comme toute femme qui se respecte, des travaux domestiques . C'est a cette periode-la qu'elle s'est decouverte le don qui allait la rendre une grande dame de la musique andalouse . En effet, lors de ses occupations domestiques elle n'arretait pas de chanter, et d'une voix tellement douce, suave et attractive que les voisins ouvraient leurs fenetres, qu'il fasse chaud ou froid, juste pour ecouter la petite fille chanter . '' Es-tu invitee a la maison Flen ? Ils organisent une aachiya et il y aura Tetma qui fera le Haoufi ''. '' Oh oui, j'irai avec plaisir '' . Tetma s'etait d'abord fait une renommee au sein de sa propre famille, puis de son proche voisinage et, apres un temps tres court, dans toute la ville . C'est ainsi que la cheikha entama sa carriere artistique. Apres avoir entonne des airs traditionnellement propres a la gent feminine tlemcenienne, notamment le Haoufi, que les femmes de l'epoque chantaient en se poussant sur l'escarpolette ou en bercant leur bebe pour l'endormir, elle s'adonna a la musique andalouse et au Haouzi . Elle y brilla de mille feux grace a sa voix 'miraculeusement attractive' et a son talent de musicienne car elle jouait avec une superbe maitrise du violon et de la kouitra .En parallele a cela, elle possedait un appreciable niveau d'instruction en langue arabe . Elle s'accompagna d'un modeste petit orchestre compose de quelques elements dont nous citerons principalement un erudit de la musique andalouse en meme temps qu'un virtuose du piano : le regrette Djilali Zerrouki . Avec le savoir faire de ce grand pianiste et la voix, tantot fremissante, tantot ondulante de Tetma, les prestations etaient magnifiques . En compagnie donc de cet ensemble, le nom de Cheikha Tetma devint celebre a Tlemcen puis au niveau national . Tres souvent, comme le fut Abdelkrim Dali plus tard, elle etait sollicitee avec son orchestre a Alger ou elle etait tres appreciee de ses consoeurs Maalma Yamna, Tamani, Meriem Fekkai, la jeune eleve Fadhela Dziria, Reinette Daoud et d'autres...Cette celebrite depassa meme les frontieres . Elle enregistra, des lors, un important repertoire de disques, 56 selon notre ami Nacereddine Baghdadi, ou sa voix magique nous charme par le retentissement d'emouvants istikhbars tels les Sahli, Aarak, Sika, Mezmoum...ainsi qu'un choix de Haoufi a travers lequel elle pousse la romance . Les succes pleuvaient, la vente de ses disques montait toujours . La voix de Cheikha Tetma retentissait dans tous les endroits , a la radio, dans les reunions, dans les cafes ; elle s'etendait jusqu'aux sites pittoresques des Cascades d'El Ourit, accompagnant le murmure de ses eaux . Et puis les annees passerent . La vieillesse succeda inevitablement a la jeunesse . Toutefois, et c'est la une autre preuve de la grandeur et de l'enorme talent de cette dame, Cheikha Tetma, devenue cette doyenne que tout le monde admirait, demeurait toujours sur son piedestal de princesse incontestable de la chanson de charme . Durant les dernieres annees qui precederent sa mort, elle etait calme et sereine, toujours souriante a l'instar des gens heureux et satisfaits de leur oeuvre. Sa philosophie a emprunte quelque chose au ciel de Tlemcen : beaucoup de sincerite, de foi et d'amour en ce qu'elle faisait . Elle mourut en 1962 a l'age de 71 ans.
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Tetma Bentabet ( Chikha Tetma)
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CHEIKH MOHAMED BOUALI Ne le 10 Fevrier 1917 dans l'un des vieux quartiers de Tlemcen, R'Hiba, et au sein d'une famille de proprietaires agricoles, Mohamed est le fils du bien connu professeur Si Ghouti Bouali, enseignant a la Medersa et auteur de plusieurs ouvrages sur la theologie, la metrique et la musique . Ghouti etait musicologue et l'auteur de la premiere etude technique jamais realisee auparavant sur la musique classique Algerienne.Mohamed grandit donc dans un milieu tout acquis a la musique andalouse . Pourtant, rien d'objectif ne le destinait a devenir le serviteur du patrimoine andalou qu'il est devenu . Son pere lui interdisait en effet de toucher aux instruments de musique alors que l'une de ses soeurs avait tout le loisir de l'apprendre . A partir de 1932, huit mois apres le deces de son pere, Mohamed commenca a s'initier au luth sur celui de son pere, malgre une opposition farouche de sa mere . Les airs deja ancres dans sa memoire, il apprend rapidement a en executer quelques uns . Passionne par cette facilite d'apprendre, il ira jusqu'a sacrifier ses etudes car sa nouvelle conquete ne voulait plus le partager avec la Medersa, alors qu'il avait seize ans . En Septembre 1934, la soif de mieux servir son patrimoine l'amena a contribuer, avec Mustapha Belkhodja, Abdelmadjid Bendimered, Anouar Soulimane et d'autres, a la creation de la S.L.A.M. (Societe Litteraire Artistique et Musicale) au sein du cercle 'les jeunes algeriens' . L'art ne pouvait etre dissocie des luttes nationales et sociales, et c'est ce que le cheikh demontrait, si besoin etait. Entre 1936 et 1939, Mohamed Bouali, assistant dans un cafe de Tlemcen aux concerts hivernaux et printaniers de Cheikh Larbi, seconde par son fils Redouane, pouvait renforcer quantitativement et qualitativement son deja riche repertoire . Notre artiste garde d'excellents souvenir de cette periode : '' Au debut de chaque soiree, Cheikh Larbi prenait son r'beb et attaquait une nouba entiere . A chaque soir correspondait une nouba differente . Et quand l'une de ces noubas revenait, c'etait avec d'autres poemes . Cheikh Larbi profitait de ces soirees pour s'imposer une sorte de revision de maniere a ne pas oublier ces morceaux qu'il ne pouvait executer lors des mariages . Apres la nouba, le maitre prenait l'alto pour jouer des touchiates, des Haouzi et des Madih . '' Le fait de frequenter ces concerts a sensiblement aide Mohamed Bouali a retenir la totalite des airs proposes par cheikh Larbi . '' Mais celui qui est pour beaucoup dans l'enrichissement de mon repertoire, c'est incontestablement mon inoubliable et tres regrette maitre cheikh Omar Bekhchi . J'allai presque tous les jours a son magasin ou je rectifiais mes erreurs et apprenais beaucoup . '' En effet, cheikh Omar Bekhchi le marque profondement par sa disponibilite et son desinteressement total . En 1964, deux annees apres l'independance algerienne, Mohamed Bouali fonde la societe musicale '' Gharnata '' et remet la SLAM en activite, d'une maniere epoustouflante puisque l'association chere a Mustapha Belkhodja decrocha la medaille d'or au premier festival de la musique classique algerienne . Depuis, il n'a jamais cesse d'aimer et de servir cette musique qui constituait a ses yeux un moyen tres persuasif d'avoir une personnalite tres respectable et respectee . Sa disponibilite legendaire lui faisait transmettre tout son savoir avec tant de passion et de lucidite . Decede en 1998, cheikh Mohamed Bouali reste present dans les memoires autant que les autres grandes personnalites l'ayant precede .
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CHEIKH HADJ MUSTAPHA BRIXI Mustapha Senouci-Bereksi est ne le 16 juin 1919 dans le domicile de ses grands-parents sis a la rue de Paris, a Tlemcen. Des son plus jeune age, le petit Mustapha a pu acquerir un apercu sur ce que pouvait etre la musique et son environnement car son pere, Maallem El Habib, etait dans le circuit musical puisqu'il etait le chef d'une troupe de t'bal qui etait tres appreciee et sollicitee a Tlemcen comme ailleurs . Et bien sur la plupart des chansons executees etaient tirees du repertoire andalous. Mustapha, malgre son penchant pour le sport, particulierement la boxe, n'a pu retenir son attrait vers la musique qui faisait en fin de compte partie de son destin. D'autant plus qu'il travaillait dans un atelier de tissage dont le patron, Ahmed Karadja, etait lui-meme musicien. En effet, a la fin de chaque journee de travail et apres la priere du Asr, les amis melomanes du patron se reunissaient pour des repetitions . Attire par cette ambiance, Mustapha s'acheta une s'nitra (mandoline), mais celle-ci fut interdite et meme brisee par son pere qui craignait que son enfant n'opte pour la musique en delaissant son metier de tisserand. Ce n'etait que partie remise car l'attirance de Mustapha vers cette musique lui a commande de se procurer, un peu plus tard, une kouitra , pas n'importe laquelle puisque c'etait celle du fameux cheikh Lazaar . Pour eviter le meme risque que lors du premier achat, Mustapha laissa son nouvel instrument chez son premier maitre, M'Hamed Bensari, alors virtuose du violon, chez qui il faisait ses premiers pas dans la musique. Les cours etaient payants mais peu importe, il fallait apprendre a jouer de la kouitra . La vente de la maison des grands-parents obligea la famille a demenager et habiter Derb Messoufa et cela dans une maison, ironie du destin, au sein de laquelle logeait un grand maitre de la musique qui n'etait autre que le prestigieux cheikh El Karmouni Serradj . Le lien a ete tres vite fait entre celui qui est devenu l'eleve et le maitre qui a pris en main sa formation . Apres quelques repetitions et quelques tres utiles conseils donnes par son maitre, notre musicien est sollicite pour jouer en public. Ce jour-la, il interprete la nouba Raml Maya entiere avec sa kouitra . Un autre hasard du destin a fait que Cheikh Omar Bekhchi, dont le magasin etait tres proche de l'endroit ou Mustapha avait fait sa premiere apparition en public, a pu apprecier la voix tres puissante et tres attrayante de ce nouveau kouitri . Il fut, depuis ce jour, tres rapproche de lui . Mustapha resta sous la houlette de cheikh Karmouni jusqu'a la mort de ce dernier en 1946. C'est alors que Omar Bekhchi vint le solliciter pour faire partie de son orchestre. Au moment ou Abdelkrim Dali venait de quitter Tlemcen en direction d'Alger. Cheikh Omar avait vraiment besoin d'un soliste et il ne pouvait trouver mieux que Mustapha Brixi . Ainsi, apres avoir obtenu l'autorisation et la benediction de son pere, Maallem Habib Brixi, et cela apres l'intervention de Omar Bekhchi, Mustapha faisait officiellement partie de l'orchestre de ce dernier . Il parfait alors ses connaissances en matiere de Sanaa et de Haouzi, alors qu'il apprenait le gharbi lors des mariages, animes par Cheikh Lazaar Dali -Yahia dont il etait admirateur . A la fin des annees quarante, les enregistrements a la radio Tlemcen ont ete accueillis avec ferveur par le milieu musical de l'epoque a Tlemcen. Le premier orchestre ayant l'honneur de passer a l'antenne etait celui de cheikh Karmouni dans lequel il y avait Abderrahmane Sekkal et notre Mustapha Brixi. Les autres orchestres ont tous eu leur tour plus tard. Finalement, il a ete decide de ne laisser qu'un seul orchestre compose de differents maitres, sous la direction de Cheikh Larbi Bensari, et ceci jusqu'en 1962. Mustapha Brixi a fait partie de ce grand orchestre pendant toutes les seances d'enregistrement. Cependant, il a evolue dans l'orchestre de Cheikh Omar Bekhchi jusqu'a la mort de ce dernier, en 1958. Suffisamment connu par cheikh Larbi, celui-ci le prit dans son orchestre et lui dedia un livre, ecrit de sa main, regroupant tous les morceaux. En 1962, il y eut les arrets des enregistrements a la radio pour des raisons obscures, mais les activites musicales ont repris. Cheikh Larbi et son orchestre dans lequel Mustapha etait toujours executant, etait sollicite pour les mariages et les manifestations culturelles. Mustapha Brixi a ete l'assistant principal de Cheikh Larbi jusqu'a la mort de ce dernier en 1964.C'est alors que les melomanes de Tlemcen demanderent a Mustapha Brixi de prendre en main l'orchestre orphelin de son grand maitre . Il en devint le chef de 1965 a 1973, periode durant laquelle l'activite fut intense, avec la participation aux festivals et manifestations culturelles a travers tout le territoire national. En marge de cela, Cheikh Brixi enseigna la musique andalouse au lycee Dr Benzerdjeb en meme temps qu'il s'activa pour relancer l'association Ghernata . En 1973, notre musicien decida d'arreter la pratique pour se consacrer a sa famille et son travail de tisserand. Cependant, le terme 'arret' n'a jamais signifie pour lui 'rupture' car jusqu'a present il ne cesse de prodiguer l'enseignement a toute association ou a toute personne, meme a titre individuel, qui vient le solliciter. Hadj Mustapha Brixi represente un specimen rare d'un maitre qui a su rester amateur depuis le debut de sa carriere tout en evoluant dans un milieu professionnel . Il a su integrer l'enseignement de plusieurs maitres tels que les cheikhs M'Hamed Bensari, Karmouni, Lazaar,Omar Bekhchi et Larbi Bensari . Il a toujours eu plaisir a montrer et conseiller a qui le demandait sur l'utilisation de morceaux de Sanaa ou de Haouzi, non seulement sur le plan des textes mais aussi sur celui des melodies.
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